Notre ère de spéculation et d’endettement en quelques chiffres

Comme je l’ai écrit dans mes deux derniers billets (« Comment spéculer pour avoir plus de fans? » et « L’achat virtuel est ouvert à la spéculation, alors spéculez! »), nous sommes dans une bulle spéculative.

Nous sommes actuellement en Occident en plein déni de notre endettement collectif. La crise du Grexit, l’influence de la baisse du prix du pétrole et la baisse de la bourse en Chine sont trois facteurs qui influencent relativement peu sur nos mentalités québécoises de toute évidence. Au Canada, Stephen Harper annonçait que nous étions en récession économique et la planète Québec n’en a pas fait un plat. Dans son budget de 2016Justin Trudeau nous met en déficit de milliards de dollars et on s’en fout un peu qu’il dépasse nettement le degré de déficit qu’il nous avait promis au départ. Faut-il se surprendre qu’Influence Communication calcule que les médias québécois accordent si peu d’importance aux questions économiques lorsque nous ne sommes pas en état de crise?

De nombreux experts soulignent que nous consommons plus que ce que la Terre est capable de fournir. L’ultracapitalisme se cache dans les paradis fiscaux comme le révèle le scandale des « Panama Papers ». La dette écologique que nous léguons aux futures générations est sinon mauvaise, sinon désastreuse. Nous sommes au Canada une société qui dépend du pétrole pour fonctionner. Il y a une forte culture de l’automobile au Canada.

Le ménage canadien moyen est endetté (voir L’endettement des ménages au Canada – Statistiques Canada):

En 1980, le ratio de la dette d’un ménage au revenu personnel disponible était de 66 %; récemment, il a dépassé les 150 % (Statistique Canada, 2011).

On ne calcule pas présentement le degré d’aliénation des travailleurs, mais les sociologues et syndicalistes nous indiquent qu’au Québec il se crée des emplois de mauvaise qualité et que les gens les moins fortunés accumulent deux ou trois emplois pour arriver à payer l’épicerie. LesAffaires explique qu’au Québec…:

Combien faut-il gagner pour appartenir au 1%? 34 000$ après impôts (en 2012).

En 2014, Mark Zuckerberg gagne 3,2 milliards $ en une journée. Des économistes prétendent que la majorité des riches d’aujourd’hui ont fait eux-mêmes leur fortune. Hors, il ne se sont pas éduqués eux-mêmes et ils ne se sont pas soignés eux-mêmes! Il y a un coût social à la croissance d’un Zuckerberg…

Pour voir le portrait dans son ensemble, il faut aussi penser au phénomène de l’obsolescence planifiée ou obsolescence programmée, définit par Wikipédia ainsi:

L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques destinées à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement.

On achète, ça pète, on jette, on rachète…

L’économie numérique ne fait que faire profiter les TELCOs et les gestionnaires d’applications et de sites Web sur la base d’échanges de données. La supposée révolution numérique n’a pas réglée le problème de la misère dans le monde à ce que je sache…

L’économie mondiale est basée sur l’échange de monnaie par le truchement des ordinateurs. On s’échange des données virtuelles.

Je ne dis pas que tout va péter, mais tout va péter.

La bulle spéculative encouragée par George W. Bush suite au 11 septembre 2001 n’a pas encore explosée. Les Américains consomment beaucoup. C’est devenu une culture: la société de consommation.

À cette société de consommation se surimpose la société du spectacle (voir Guy Debord) et le besoin de sensations extrêmes (voir Red Bull et cie). On doit performer, alors on consomme des outils de calcul de la performance et des aliments performants. On voit apparaître de modes de vie « de décroissance volontaire » ou « simplicité volontaire » en réponse à l’excès de pression à la performance.

Les femmes féministes jugent parfois qu’elles sont victimes d’un patriarcat qui impose un style de vie et une apparence physique standardisée.

La santé mentale de la population québécoise me préoccupe. Les infirmières, les aides soignants et les enseignants sont évidemment débordés au Québec d’autant plus que la population est vieillissante.

Portrait: il y a déni global. On consomme pour le plaisir de consommer.

Dans cette logique économique de l’infini, il n’y a jamais de manque de ressources. La planète fournit et on pige dans le tas.

L’idolâtrie des performants (sportifs, vedettes, etc.) encourage un mode de vie du dépassement de soi et de la spiritualité « à la carte ». On consomme son futur époux via Tinder. On s’achète des livres de spiritualité 101…

Le consommateur actuel est bombardé de plus de 3000 publicités par jours (chiffres de l’Université Laval, 2010). La publicité est de plus en plus invasive. Bientôt, on approchera le film Minority Report et il y aura un profilage individuel et un match fait entre soi et la publicité.

Minority Report – Personal Advertising in the Future

Le système d’éducation québécois est tourné vers une philosophie néolibérale. Le cynisme politique est à son paroxysme. Il y a corruption dans le système, nous le savons depuis la Commission Charbonneau et pourtant Montréal reste un haut lieu de corruption, ça se sait bien…

Dans tout cela, la médecine fait des avancées extraordinaires et on avale quantité de pilules. Nous n’avons jamais eu autant la chance de vieillir en santé dans l’histoire de l’humanité.

L’obésité est une épidémie entre autre à cause des « environnements obésogènes » de nos villes et du coût élevé des aliments santé.

Malgré tout, il faut être souriant et voir la vie en rose sinon on se fait reprocher d’être radical, bête et méchant. Si on parle d’écologisme, on se fait traiter d’être un « enverdeur ». Si on mise sur l’épanouissement individuel, on est catégorisé de « droite libertarienne » et si on veut plus de collectif, on est traité de « gaugauche ».

Selon une récente étude, le prix des logements à Montréal est à risque de monter et il serait exagéré comparé à ce que peuvent payer les gens de la classe pauvre à moyenne.

La dette du Québec est à présent de 276 405 844 445,91 $.

Ceci dit, il y a une grande consommation d’antidépresseurs. Il faut avoir l’air d’aimer se faire enculer par les politiciens corrompus. Il faut concilier travail et famille.

Alors, il y en a pour dire: « Fuck toute! ».

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