Le problème de la corruption au Québec et de son manque d’incarnation

Suite au rapport de la Commission Charbonneau, quelques noms sont sortis d’une courte liste de personnalités politiques québécoises impliquées de près dans la corruption du monde de la construction.

Quoique cette courte liste nous permette de mettre des visages sur cette corruption systémique, il me semble que la corruption québécoise est désincarnée, au sens de « non corporelle », « sans chair ».

Lorsque je cherche à nommer la corruption québécoise afin de la détruire politiquement par l’intervention d’un Incorruptible, je ne lui trouve pas d’adversaire en chair en os.

On pourrait être tenté de présenter Jean Charest comme le corrompu, et pourtant les preuves ne sont pas là pour que la conclusion soit évidente. Et ce, malgré les intuitions de Marc Bellemare

Il se pose alors un problème qui me semble évident: il devient impossible de vendre l’idée d’un Incorruptible.

L’idée même qu’un homme d’État puisse être incorruptible me semble impossible dans la dynamique politique actuelle où le cynisme est roi. De plus, sans adversaire, il devient difficile de nommer l’incarnation de la vertu. Sans le vice, la vertu ne semble pas aussi tangible. Sans le vicieux, le vertueux semble moins réel.

Ce problème qui me semble profond dans ma province semble pourtant échapper à l’univers médiatique. S’il n’y a pas de méchant, comment peut-il y avoir un gentil?

Dans la rhétorique politique, ça fait un échec. On ne peut pas se présenter comme incorruptible, ça ne se vendrait pas bien, ça serait trop désincarné!

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